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GILLES LANNOY

Gilles Lannoy : « Développer la pêche en préservant le milieu aquatique »

 

 Gilles Lannoy, ici en compétition à Florence, est président des pêcheurs du Calaisis depuis 2009.
 
Gilles Lannoy, ici en compétition à Florence, est président des pêcheurs du Calaisis depuis 2009.

 

Fondée le 17 septembre 1884, l'Association des pêcheurs du Calaisis compte à ce jour 2 758 adhérents. Son président, Gilles Lannoy, évoquera aujourd'hui l'actualité de son association, à l'occasion de l'assemblée générale annuelle qui se tiendra au café Chez Tino, à 10 h. Quels ont été les faits majeurs cette année de pêche en eau douce ? Explications avec Gilles Lannoy.

 

 

L'association de pêche que vous présidez couvre le Calaisis, jusqu'à Ardres, Guînes et Oye-Plage. Elle est reconnue pour être l'une des plus importantes de la Région. Où en sont vos effectifs ?

« L'Association des pêcheurs du Calaisis a en effet compté jusqu'à 5 179 adhérents, en 1973. Depuis de nombreuses années, cependant, les effectifs ne cessent de chuter. En 2004, nous avons connu une augmentation de 830 adhérents. Mais depuis cette embellie, nous subissons une chute constante.

Nous comptons aujourd'hui 2 758 adhérents. On constate cette désaffection un peu partout, mais pour ce qui nous concerne, la réduction de la période de capture de l'anguille, notamment, n'a pas arrangé les choses. » Les jeunes n'assurent-ils pas le renouvellement de vos effectifs ?

« Malheureusement, le nombre de leurs adhésions baisse aussi. Ils étaient 1 487 en 2010 et 1 320 en 2011, soit un déficit de 167. Les permis découverte, pour une période plus restreinte, ont aussi baissé de 137, avec un total de 749 permis en 2011. » D'une manière générale, on a tendance à penser que les poissons se raréfient. Est-ce exact ?

« Certains pêcheurs eux-mêmes pensent qu'il y a moins de poissons. Mais rien n'est moins sûr ! Les études actuelles et les différents sondages ne permettent pas de l'affirmer. D'ailleurs, beaucoup de pêcheurs constatent aussi qu'il y a encore de beaux poissons, bien vifs, bien combatifs, et il faut les mériter ! La pêche demeure un art ! Mais, dans le même temps, il est évident aussi que la pollution industrielle et agricole, la disparition des frayères, l'assèchement des zones humides, la pression de pêche assortie d'un prélèvement irraisonné, conduisent à la diminution des populations piscicoles.

Et, effectivement, certaines espèces sont, selon les lieux et les périodes, plus particulièrement touchées. » N'est-ce pas surtout le cas pour les anguilles, bien moins nombreuses aujourd'hui ?

« La population des anguilles a en effet été divisée par 10 en 20 ans. On s'aperçoit que les anguilles ne sont pas éternelles, et qu'elles pourraient bien nous filer entre les mains... » Pourquoi cette disparition ?

« L'anguille est réputée comme étant particulièrement résistante, grâce notamment à sa capacité à respirer hors de l'eau, à se déplacer vers des lieux plus accueillants. Mais elle est aujourd'hui menacée par la surpêche, une augmentation des parasites et la pollution, à laquelle les anguilles sont très sensibles, puisque leur peau est relativement perméable. Plus généralement aussi, l'anguille régresse en raison de la disparition des zones humides.

Aujourd'hui, on ne peut d'ailleurs la pêcher que du 15 février au 15 juillet. » Vous attachez vous-même une grande importance à la préservation du milieu aquatique. Quelles actions entreprenez-vous en ce sens ?

« Notre objectif est de participer à la défense du milieu aquatique pour favoriser une pratique régulière de la pêche. Nous défendons ainsi la ressource halieutique, notamment des carnassiers. C'est en ce sens que nous procédons à des rempoissonnements. En 2011, au printemps, notre association a mis 4 100 fingerlings (petits brochets) dans les canaux du Calaisis et dans le plan d'eau du colombier. Parallèlement, les rempoissonnements de poissons blancs, gardons, rotengles, carpes et tances, ont été effectués. Malgré ces actions, nous encourageons une pêche raisonnée qui invite à garder le moins de poissons possible, en les remettant à l'eau. De la même manière, nous invitons fortement les pêcheurs à respecter l'environnement. » Avez-vous déploré des pollutions durant l'année 2011 ?

« Nous n'avons pas déploré de pollution visible par mortalité dans les canaux du Calaisis, sauf dans le canal de Marck, à cause de la station d'épuration. Du côté des wateringues, c'est une autre histoire. Les eaux sont fortement dégradées. Deux pollutions successives dans le watergang du Virval ont entraîné des mortalités de poissons. D'une manière générale, si tout le monde pouvait faire un petit effort de citoyenneté et de civisme... » Il y a donc encore beaucoup de travail pour préserver l'environnement et la ressource halieutique ?

« En effet. Je suis en possession d'un arrêté préfectoral portant recommandation ne pas consommer certaines espèces de poissons pêchés dans plusieurs cours d'eau du Pas-de-Calais. Ce qui est paradoxal, c'est qu'on trouve aujourd'hui dans le commerce du "panga", un poisson asiatique, présenté sous forme de filets, à un prix relativement bas. Et quand on sait que ce poisson vient du delta du Mékong, l'un des fleuves les plus contaminés de la planète... » •

Une tombola, pour un montant de 1 000 E, sera organisée après l'assemblée générale.

 

source:  la voix du nord



06/02/2012

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